En ce jour de commémoration, 
avec ce beau poème du colonel Humann,  
rendons hommage aux porte-drapeaux,
sans lesquels nos manifestations patriotiques
n'auraient pas beaucoup d'éclat ! 

A ceux d'hier et d'aujourd'hui,  

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et à ceux de demain
             Avec beaucoup de gratitude

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LE PORTE-DRAPEAU

Le port altier et fier malgré l'intempérie,
La poitrine bardée de toutes ses médailles,
Il incarne à lui seul l'amour de la Patrie
Il a servi la France en de rudes batailles.

Sous la pluie, dans le froid, les rafales de vent,
S'il s'agit d'honorer le Soldat mort, son frère,
Lui -le porte-drapeau- répond toujours présent
Car il ne l'oublie pas ; compagnon de misère.

Devant le monument où sont inscrits les noms
De ceux qui sont tombés pour que vive la France,
Il est là, recueilli, tandis que les clairons
Apportent dans son coeur une émotion intense.

A quoi songe-t-il donc, les larmes dans les yeux,
Pendant la sonnerie quand le drapeau s'incline ?
A tous ceux qui sont morts, là-bas sous d'autres cieux,
Fauchés par un obus, tués par une mine ?

Là-bas, dans la tranchée le vieux Poilu tomba,
Touché par les éclats d'un engin percutant.
Dans la neige et la boue, d'abord il se courba
Puis jetant un grand cri, se vida de son sang.

Là-bas, dans les rochers sauvages du Vercors
Il tend une embuscade et, pris par l'adversaire,
Ils vont l'interroger puis le battront à mort.
Pitoyable gamin, effroyable calvaire.

Là-bas, galvanisés par le général Juin,
Luttent au corps à corps les combattants français :
Tant d'assauts meurtriers pour conquérir Cassin
Et ouvrir de leur sang la route du succès !

Là-bas, à Diên Biên Phù, défendant Isabelle
Face à l'asssaut des Viets sans cesse plus nombreux,
Il est mort, son ami, tué par les rebelles.
Il a su se conduire en soldat valeureux.

Là-bas, sur le djebel, dans la pâleur du soir,
Le chef de commando, touché par une balle,
Est tombé lui aussi, victime du devoir.
Sa famille le pleure à la maison natale.

Là-bas, dans le désert aride d'As Salman,
Le vent souffle en tempête et soulève le sable,
Or, des bombes sont là ; spectacle hallucinant !
Des paras vont mourir, destin inexorable...

Il pense à tous ceux-là, les morts de chaque guerre
Et ceux qui sont vivants, mais à la chair meurtrie.
Et lorsque le drapeau recouvrira sa bière,
Il sera, désormais, l'honneur de la Patrie.


Colonel Yves HUMANN
Prix du Conseil Régional au concours littéraire du Pays d'Arles 1995