LA TURBIE 1914-1918

01 août 2004

Copier n'est pas créer

Non, COPIER N'EST PAS CREER
AVANT
  de copier les photos et les documents mis en ligne sur ce site
n'oubliez pas de contacter l'auteur     ...

 

Posté par moniqueB à 16:48 - Commentaires [0] - Permalien [#]

02 août 2004

LA TURBIE 1914-1918

*****

Ce site est dédié aux 56 enfants de LA TURBIE (06)

morts au Champ d'Honneur

Guerre 1914-1918

*****

Turbiasques, 

Au fil de ces pages, consacrées à la guerre de 1914-1918, vous découvrirez l'immense sacrifice consenti par ceux de notre village qui ont donné leurs 20 ans pour sauver la France.

56 d'entre eux ne sont pas revenus... et leur nom est gravé à jamais sur le Monument aux Morts communal.

Grâce aux articles de la presse locale vous retrouverez l'émotion ressentie par la population chaque fois qu'un des leurs est tué, blessé ou fait prisonnier, mais aussi la fierté de lire des citations élogieuses.

Chacun se mobilise. Des associations se créent pour confectionner des vêtements chauds pour les soldats et plus tard pour collecter des fonds afin d'ériger un Monument à la Mémoire.

Vous allez peut être retrouver l'histoire militaire d'un de vos ancêtres.

Vos commentaires sont les bienvenus.

Si vous possédez photo, lettre, citation, récit de guerre qui pourraient compléter ces textes, n'hésitez pas à contacter l'auteur.  Merci d'avance,

Pour accéder à la liste alphabétique, cliquer sur le lien >>>ICI

Posté par moniqueB à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

2 août 1914 à La Turbie

pn_2aout141

Le 2 août 1914, l'ordre de mobilisation est affiché dans toutes les mairies de France. Dans chaque commune des Alpes Maritimes, le garde-champêtre, au son de son tambour l'annonce gravement.

A La Turbie....

                               

mobilisation

            

 

A La Turbie, Victor Roux, 24 ans, Pascal Coruzzi, 25 ans et François Lottié, 33 ans, découvrent l'affiche sur le panneau grillagé de la mairie.

Ils vont abandonner les travaux en cours, leur famille et leur village pour la plus grande boucherie du XXème siècle.

      "la mobilisation n'est pas la guerre"

                             mais elle n'en est pas loin.

Certains sont déjà dans l'armée lorsque le conflit éclate.

David GASTAUD, 21 ans se trouve au 112ème régiment d'infanterie à Toulon

et Sylvain VANCO, 22 ans, au 19ème régiment d'artillerie de Nîmes.

A cette époque, le recrutement des régiments est régional, le 15ème Corps d'Armée de la XVème région militaire se compose de soldats de 20 à 33 ans, venant des Alpes Maritimes, de l'Ardèche, des Basses-Alpes, des Bouches du Rhône, de Corse, du Gard , du Var et du Vaucluse.

Le 4 août, munis de leur feuille rose, Victor ROUX rejoint le 141ème R.I.à Marseille,

Pascal CORUZZI réintègre le 163ème à Nice

et François LOTTIE retrouve le 7ème bataillon de chasseurs alpins à Draguignan.

Ces deux derniers régiments, bien que de la XVème région ne feront pas partie du 15ème corps d'Armée.

Contrairement aux clichés enthousiastes   "tous à Berlin !"   la population est anxieuse.

Le 6 août, le 19ème R.A.C. avec Sylvain VANCO et le 40ème d'infanterie quittent Nîmes en train, pour constituer le 15ème corps d'Armée sur le front de l'Est, au sud de Nancy.

L'avant-garde du 15ème corps s'établit à Saffais au soir du 7 août.

Les 8 et 9 août, le reste de ses unités continuent à débarquer à Diarville.

Le 10 août, une partie du 15ème C.A., le 40ème R.I. de Nîmes, le 58ème R.I. d'Avignon et le 19ème R.A.C. de Nîmes cantonnent dans la région de Xures.

Les Allemands occupent le village de Lagarde et le Château de Martincourt à quelques kilomètres de là.

A part quelques rares coups de fusils entre éclaireurs, le secteur est calme.

Les consignes de Castelnau commandant le 15ème C.A. sont d'éviter tout accrochage tant que la concentration n'est pas terminée. Plusieurs patrouilles sont envoyées pour connaître le dispositif ennemi :

"L'ennemi occupe le village de La Garde ainsi que la cote 283 qu'il a organisée défensivement. On aperçoit une tranchée sur le versant ouest de 283. Le fond du ravin qui sépare cette position du mamelon Est de Xures présente des éléments de haies, près desquels sont creusés quelques trous de tirailleurs. La route de La Garde à Ommeray est également occupée par de l'infanterie à laquelle se sont adjoints des Hussards et des Chevaux Légers. L'effectif de l'infanterie ne peut pas être fixé d'une façon certaine, le développement des ouvrages permet de supposer qu'il peut être de deux companies. L'effectif des cavaliers est incertain. Il n'a pas été aperçu d'artillerie." 

Le commandant du groupe envisage alors de prendre le village de La Garde. Il décide que l'assaut aura lieu à 19h15 et donne les ordres en conséquence.

A 11h, le 40ème R.I. se déplace vers Parroy et doit attaquer dans la forêt.

A 15h le 58ème R.I. fonce sur Xures, avec comme objectif d'occuper la cote 283 dominant La Garde.

A 16h30, les 1ère et 3ème batteries du 19ème R.A. avec Sylvain Vanco, en position de tir au nor-ouest de Xures, pilonnent le village dont on aperçoit le clocher et la cote 283 au nord-ouest où se trouvent des tranchées ennemies.

A 19h15, comme prévu, le feu cesse. L'infanterie attaque, enlève sans peine la cote 283 qui semble avoir été évacuée et entre dans le village à 21h.

Selon toute apparence, les Allemands se sont repliés en hâte.

Côté français, aucune perte n'est à déplorer. La manoeuvre a réussi.

Lescot informe qu'il a enlevé La Garde à la baïonnette !

Cette relation provoque une réaction violente, visiblement son initiative n'a pas été appréciée.

A 22h, le 19ème R.A. revient à Xures.

A 23h, le 40ème s'organise pour défendre le village, côtés est et sud, le 58ème côtés nord et ouest. La nuit est tranquille.

A 3h du matin, les 1ère et 3ème batteries de 75 avec Sylvain VANCO repartent pour occuper leurs positions de la veille.

11 août, vers 8h30, on signale un fort détachement ennemi s'avançant par le nord-est, la 1ère batterie doit canonner l'artillerie, la 3ème tirer sur l'infanterie. Croyant n'avoir affaire qu'à quelques éclaireurs ennemis, la mise en batterie se fait lentement.

La 1ère mal orientée, mal placée, bafouille et finalement ne peut tirer; la 3ème au contraire, ouvre le feu sur l'infanterie ennemie. Aussitôt les premiers obus français tirés, les deux batteries sont prises sous le feu d'une artillerie allemande très supérieure en nombre. Les détonations affolent les chevaux. Les avant-trains sont abandonnés.

Vers 10h, les Bavarois traversent le bois et surgissent à quelques deux cents mètres des canons de 75. D'autres, émergeant des avoines, prennent notre artillerie de flanc, venant de la direction nord. Une grêle de balles s'abat sur les batteries.

Malgré la conduite courageuse des artilleurs français qui font le coup de feu à coup de mousqueton, le canonnier Sylvain VANCO se fait tuer sur place défendant héroïquement sa pièce. L'ennemi s'empare des canons.

Les servants sont à peu près tous hors de combat, peu réussissent à s'échapper.

Il est 10h45,

le premier Turbiasque,

âgé de 22 ans,

est tombé "Mort pour la France".

Dans le village, la situation n'est guère meilleure, la position est intenable. Le 40ème et le 58ème se défendent bravement. A 10h30, l'enveloppement est inévitable. L'ordre de repli est donné.

"Ordre du Général, retrait sur Parroy, au pas, quoi qu'il arrive, il y a assez de pagaille comme ça."

La retraite s'effectue d'abord à travers les prairies, puis sur le chemin de halage du canal.

Le bilan de cette attaque inepte est de 317 tués, 690 blessés, 928 disparus, 42 oficiers et sous-officiers hors de combat et 2 batteries d'artillerie perdues, alors qu'il fallait éviter les engagements inutiles et que la conquête de Lagarde ne revêtait aucun intérêt stratégique.

On commence déjà à douter de la vaillance des Provençaux.

Un lieutenant du 20ème C.A. déclare:

"Je parle ici au nom du Général Commandant de la Division de Cavalerie et déclare que le régiment n'a pas fait ce qu'il devait faire, qu'il a manqué au devoir militaire en ne tenant pas sur ses positions. Que le temps des discours d'Avignon (sic) était terminé et que la seule façon de laver la faute était de se sacrifier ici, que les Provençaux avaient prouvé ce qu'ils étaient" 

Réflexion lourde de conséquence qui aura des répercusions plus tard.

Le 15ème Corps continuera avec les Antibois du 111ème R.I. et Toussaint ANDREANI, les Toulonnais du 112ème R.I. avec David GASTAUD, les Hyèrois du 3ème R.I. et les Marseillais du 141ème R.I. avec Victor ROUX, il va participer à la bataille des frontières.

Il attaque Coincourt et Moncourt le 14 août où cette affaire, sous le feu d'une grosse artillerie habilement défilée, coûte aux 111ème et 112ème R.I., une centaine de tués et plus de 2 200 blessés.

Il progresse malgré tout et son avance s'achève à Dieuze les 19 et 20 août où il est décimé.

Il se replie sur ordre et abandonne La Lorraine à peine libérée.

Espinasse, commandant le 15ème corps, fait les comptes de ces deux jours : il a perdu 9 800 hommes et 180 officiers.

Quelques jours plus tard, à Paris, en guise d' "épitaphe" de ces malheureux, paraît un article incendiaire contre ces "troupes de l'aimable Provence" accusées d'avoir "lâché pied devant l'ennemi" article dicté par Messimy le ministre de la guerre en personne au sénateur-journaliste parisien Gervais.

La légende noire du XVème corps venait de naître.

              Maurice Mistre


 

Récit apocryphe et néanmoins véridique, écrit à partir de l'historique du 19è R.A., du fonds Belleudy et des écrits de Jules Belleudy, Claude Chanteloube et Maurice Mistre-Rimbaud.

 

 

 

                                       



Posté par moniqueB à 20:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
05 août 2004

ECLAIREUR DE NICE - 05 août 1914

LA MOBILISATION A LA TURBIE

ECL_05AOUT1914

Posté par moniqueB à 06:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
11 août 2004

11 août 1914 - Sylvain VANCO

De MoniqueB
Ce texte appartient à l'auteur, la reproduction n'est pas autorisée
---

Sylvain VANCO

2ème canonnier - 19ème R.A.C. - 1ère batterie

30ème D.I.      XVème C.A.

MORT POUR LA FRANCE

le 11 août 1914

Combat de Lagarde - Lorraine annexée

Né le 11 octobre 1892 à La Turbie

Cultivateur,
Fils d'Augustin et de feue GOELINGER Marie-Elisabeth du quartier St Esprit


Au moment de la déclaration de guerre, Sylvain VANCO effectue son service militaire au 19ème R.A.C. de Nîmes.

Le 6 août 1914, le 19ème R.A.C. et le 40ème R.I. quittent Nîmes en train, pour rejoindre la Lorraine et les autres régiments du 15ème Corps d'Armée.

Le 10 août, ces régiments cantonnent dans la région de Xures, en territoire annexé.

Le secteur est calme. L'ennemi occupe le village de Lagarde, ainsi que la cote 283, organisée défensivement.

L'ordre de prendre le village de Lagarde est donné.

Heure de l'assaut : 19 h 15

L'infanterie attaque et enlève la cote 283 sans peine et sans aucune perte d'hommes.

L'ennemi semble s'être replié en hâte.

Le 11 août, dès 8 h 30, un fort détachement ennemi s'avance. L'affrontement est violent.

Malgré la conduite courageuse des artilleurs français, les pertes sont énormes :
      
317 tués,
             
690 blessés,
                   
42 officiers et sous officiers hors de combat.

Sylvain VANCO est l'un de ceux-là...

Il avait 22 ans !

Au 9ème jour du conflit, La Turbie perd le premier de ses enfants

**** 
Citation : J.O. du 21/06/1922
"canonnier. Brave canonnier brave et dévoué. Glorieusement tombé pour la France, le 11 août 1914, près de Lagarde.
Croix de guerre avec étoile de bronze".
****
Presse locale :
Petit Nicois 18 septembre 1914
Eclaireur de Nice 27 juillet 1915
Petit Niçois 07 juin 1922 

Il repose dans la Nécropole Nationale de Lagarde(Moselle) - tombe 176
voir Nécropole de Lagarde

Copie_de_VancoLagarde1

----------

 

 

 


 

 

 

 

 

Posté par moniqueB à 23:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

12 août 2004

ECLAIREUR DE NICE 12 août 1914

ECL_12AOUT1914

Posté par moniqueB à 00:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
13 août 2004

13 août 1914 - Pierre Félix FRANCO

De MoniqueB
Ce texte appartient à l'auteur, la reproduction n'est pas autorisée
---

Pierre Félix FRANCO

2ème classe 7ème B.C.A.

27ème D.I.   XIVème C.A.

MORT POUR LA FRANCE

le 13 août 1914

au Col de Robes, Vosges

Né le 29 septembre 1892 à Villefranche sur Mer

Fils de feu Jean-Baptiste et de CIAIS Joséphine


Au moment de la mobilisation générale, Pierre Félix FRANCO,  sert au  7ème bataillon de Chasseurs alpins, qui en manoeuvre à Annot, dans les derniers jours du mois de Juillet, rejoint Draguignan par étapes forcées dès la réception des nouvelles alarmantes.

Une dernière fois, le 7ème B.C.A. défile en ville pour se rendre à la gare, accompagné par la population qui le couvre de fleurs et l'acclame jusqu'au départ du train.

Détaché du XVème Corps, ce bataillon va prendre part aux opérations menées par le XIVème Corps et  débarque à La Chapelle, dans les Vosges, le 6 août.

Il se dirige ensuite vers l'Alsace où il prend contact avec l'ennemi le 10 août au Col de Sainte-Marie-aux-Mines.

Le 13 août, à 7 heures, le 7ème B.C.A. reçoit le baptême du feu au Col des Bagenelles (1) où se livre une sanglante bataille. Malgré le sacrifice des 1ère et 2ème compagnies, la position ne peut être enlevée.

C'est dans ce combat que Pierre Félix FRANCO est tué.

             Il avait 22 ans !

(1) quelquefois nommé Col des Bagenettes

______________________________________________________________
Extrait de JMO
1 : JMO_7BCA_Franco_13AOUT_a_1914         
2 : JMO_7BCA_Franco_13AOUT_b_1914

______________________________________________________________

Presse locale :
Petit Niçois du 07 octobre 1914

______________________________________________________________

Posté par moniqueB à 00:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
20 août 2004

Les oubliés : 20 août 1914 - Eugène ANDREÏ

De MoniqueB
Ce texte appartient à l'auteur, la reproduction n'est pas autorisée
---

Le nom de ce jeune Turbiasque, Mort pour la France, ne figure pas sur le Monument commémoratif du village ???

Eugène Joseph Jules Augustin ANDREÏ

Caporal       111ème R.I. - 3e Cie

29ème D.I.   XVème C.A.

MORT POUR LA FRANCE 

le 20 août 1914

Bataille de Dieuze-Bidestroff, Lorraine annexée

Né le 3 mai 1890 à La Turbie(Alpes Maritimes) quartier du Carnier

Fils de Simon Jean, garde-jardin, né à Tallone (Corse) le 1er janvier 1849
et de MAROSELLI Marie Victoire, née à Novale (Corse) le 20 mai 1855

__________________________________________________________________

C'est à partir du 2 octobre 1911 qu'Eugène Andréï effectue ses classes au 111e R.I. de Toulon.
Nommé caporal le 4 octobre 1912, il passe dans la réserve de l'armée active le 8 novembre 1913.

"le 111ème ne connaît pas la peur

     il a bonnes jambes et surtout très bon coeur"

Dès l'annonce de la mobilisation générale, ce jeune réserviste, retrouve son régiment à Antibes.

Le dimanche 9 août, le 111e R.I. s'embarque pour rejoindre Diarville en Meurthe-et-Moselle.

Dès le 14 août, le régiment affronte le baptême du feu à Moncourt (Moselle) où il subit de lourdes pertes.

Les 19 et 20 août à Dieuze, le 111ème est en première ligne pour l'attaque de Bidestroff.

Le régiment est en partie décimé. C'est dans ce combat qu' Eugène ANDREÏ disparait.

             Il avait 24 ans...

Citation à titre posthume J.O. du 23 janvier 1923 :
"Caporal vaillant et plein d'entrain.
Tué à son poste de combat à Dieuze-Bidestroff le 20 août 1914.
Croix de guerre avec étoile de bronze".

Il n'a pas de sépulture connue.
-----

A lire : 2014 - Eugène Andréï n'est plus un oublié

 

Posté par moniqueB à 18:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
21 août 2004

21 août 1914 - David Joseph GASTAUD

De MoniqueB
Ce texte appartient à l'auteur, la reproduction n'est pas autorisée
---

David Joseph GASTAUD

Soldat 112ème R.I.

29ème D.I.  XVème C.A.

MORT POUR LA FRANCE

le 21 août 1914

Maixe, Meurthe-et-Moselle

Né le 5 juillet 1893 à La Turbie

Fils de Joseph et de ROCHETTA Jeanne


Au moment de la mobilisation générale, David Joseph GASTAUD effectuait son service militaire au 112ème régiment d'infanterie de Toulon.

Les 7 et 8 août 1914, le 112ème R.I. quitte Toulon en train pour rejoindre la Lorraine annexée.

Le 14 août au soir, le régiment prend part à l'assaut du village fortifié de Moncourt, puis se porte sur Dieuze où il entre le 19 et pousse jusqu'à Bidestroff.

Mieux organisés et connaissant parfaitement le terrain qu'ils avaient repris depuis plus de quarante ans, les Allemands contre-attaquent violemment le 20 au matin.

La retraite commence. Les pertes sont cruelles.

David GASTAUD disparaît à Maixe, le 21 août...

            Il avait 21 ans !


Presse locale: :
Petit Nicois 17 octobre 1914 

Eclaireur de Nice 06  aout 1915

Eclaireur de Nice 06 mai 1915

 


 

 

 

Posté par moniqueB à 19:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
25 août 2004

Poème : Le baiser d'adieu

De Marguerite DUPORTAL

                                           LE BAISER D'ADIEU

On mobilise..... on part.

                                            Sur le quai de la gare,

Près de ceux qui s'en vont, sans cris et sans bagarre,

Des groupes de parents, d'amis se sont formés.

Les futurs combattants, encore pas armés,

N'emportent, avec leurs deux paires de chaussures,

Qu'un peu d'argent, logé dans une poche sûre.

Mais leur meilleur bagage et le plus réchauffant,

Celui qui va tremper le coeur de ces enfants,

C'est le regard d'amour de tous ces yeux de femmes,

Et le dernier baiser où passeront leurs âmes.

On a tout ce qu'il faut pour vaincre, ayant cela !

Mère, soeur, fiancée, épouse, elles sont là...

Et chacune, étreignant fils, amoureux ou frère,

Fait un héros avec cette étreinte dernière !

Mots tendres, noms chéris, sont échangés, hâtifs...

A peine un mouchoir blanc sèche des pleurs furtifs :

- Au revoir, mon petit ! - Mon Jean ! - Bonsoir, soeurette !

- Bien des choses chez nous, Margot !

                                             La classe est prête.

Un tout petit soldat, seul, presque un gosse encor,

Partait sans que quelqu'un donnât le réconfort,

A son être angoissé, d'une chaude embrassade !

Triste, il les regardait, les heureux camarades,

Et songeait, soupirant d'un grand soupir profond :

"Un bon baiser d'adieu, ce doit être si bon !"

Alors Margot - vingt ans, teint rose et franche allure

Vit le le frêle soldat à la pauvre figure ;

Et, comprenant d'instinct tout ce qui se passait

Dans le coeur isolé de ce petit Français,

Marcha vers lui, disant :"Vous n'avez donc personne ?

Eh bien ! Je vous embrasse ! et que ça claque et sonne !"

Sur chaque joue elle appuya sa lèvre en feu,

Et le petit soldat eut son baiser d'adieu.

Il cria :" Vivent les Françaises !"  Les portières

Battirent, et le train courut à la frontière. 

30  août 1914

Posté par moniqueB à 10:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]